Histoire de bien commencer ce blog, parlons d’une maladie qui me frappe en ce moment : l’anxiété.

Oui, car c’est une maladie, et non pas un état d’esprit.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pas grand chose (même rien) me met dans un état de panique inconscient. Je vais me mettre à avoir des tremblements, à avoir du mal à réfléchir, des nausées… Et surtout, je vais avoir le cerveau qui tourne dans le vide.

Voici mon histoire avec cette maladie :

Jeudi, 22h

Je vais me coucher, après avoir préparé mes cours pour le lendemain. La semaine a été fatiguante, mais demain je n’ai que 3 heures de cours, dont 2 avec une classe que j’aime bien. J’éteins la lumière et me prépare à dormir.

Vendredi, 1h30

Je ne suis toujours pas endormie. J’essaie de m’activer en bas face à mon ordinateur histoire de me fatiguer. Je m’abrutis devant des vidéos, et finalement, vers 3h du matin, le sommeil arrive.

Vendredi, 6h

Le réveil sonne. Snooze, comme d’habitude, histoire de me laisser le temps d’émerger et de câliner ma chère et tendre. Dans 15 minutes, le réveil me rapellera qu’il faut que je me prépare pour aller travailler.

Vendredi, 6h45

Je ne suis toujours pas levée. Je n’arrive pas physiquement à me lever. J’ai envie d’aller travailler, mais impossible de me lever. Mon corps est lourd, ma tête est lourde, rien à faire.

Je finis tout de même par réussir à me lever, pressée par l’heure de départ qui approche. Je prends mon petit-déjeuner rapidement, et commence à essayer d’enfiler mes chaussures.

Impossible de les mettre correctement, ou de faire mes lacets. Je finis par perdre patience, quand ma copine me dit de retourner me coucher, ce que je fais.

J’informe le lycée de mon absence, et ma moitié prend rendez-vous chez le médecin pour l’après-midi.

Vendredi après-midi

Le médecin diagnostique une crise d’anxiété. Rien de bien grave, j’ai déjà des anxiolytiques. Elle me fait un arrêt de travail pour la journée. « On verra bien ce que ça donne lundi. »

Week-end

Impossible de penser au travail. Dès que j’y pense, je panique, j’ai le souffle court, des tremblements apparaissent, mon cerveau n’arrive plus à penser… Dimanche soir, j’envoie un mail au collège et au lycée pour dire que je ne serai pas là lundi.

Lundi

Ma compagne prend rendez-vous avec mon médecin traitant, qui m’avait déjà vu pour un cas similaire et qui m’avait donné des anxiolytiques. Il reste sur le diagnostique d’une anxiété, mais me recommande de prendre rendez-vous chez un psychologue (pour diagnostiquer ce qu’il m’arrive) et chez un psychiatre (pour prendre le traitement médicamenteux adapté). Il m’arrête pour la semaine.

Les rendez-vous sont pris. Je verrais la psychologue jeudi, et le psychiatre en février.

Jeudi, 2e semaine

Rendez-vous chez la psychologue. On discute de mon métier, de ma passion pour le métier, de mon passé et passif, et de mes heures de travail. 50 heures par semaine. Elle diagnostique un burnout, avec peut-être une dépression qui se cache derrière. Au cours de cet entretien, elle a dit une phrase qui m’a aidé à relativiser ma situation :

Être en burnout, c’est comme se casser une jambe. On ne reprend pas le travail tant que la jambe n’est pas réparée. Vous reprendrez quand vous irez mieux.

Sur le trajet du retour à la maison, je me demande si je reprend lundi. La simple idée de collège ou lycée me donne des tremblements. Suivant les conseils de ma psychologue, je me dis que lundi je n’irais pas mieux, et que je ferais mieux de m’arrêter un peu plus longtemps. Un nouveau rendez-vous chez le médecin est pris pour lundi.

Lundi, 2e semaine

Pendant le rendez-vous chez le médecin, le collège et lycée sont évoqués. J’ai du mal à contenir mes tremblements et serre très fort la main de ma copine. Mon arrêt est prolongé jusqu’au rendez-vous chez le psychiatre, qui pourra me donner un traitement approprié. En attendant, mon médecin me prescrit des anti-dépresseurs.

2e semaine

Tout au long de cette semaine, des collègues m’appellent pour avoir des nouvelles. Ils en prennent d’ailleurs depuis mon premier jour d’absence. C’est très gentil de leur part, mais quand on parle boulot, je me remets à avoir des crises d’angoisse.

La principale du collège m’appelle. Elle voudrait savoir ce qu’on pourrait mettre en place pour éviter une rechute : « Avoir 2 classes en moins, dis-je — Je vais voir ce qu’il est possible de faire ». Espérons que ça soit possible. Ça me ramènerait à une charge de travail plus supportable pour une prof débutante.

Dans la même journée, le proviseur adjoint du lycée qui m’appelle : « Je suis avec des collègues de mathématiques qui pourraient vous remplacer pendant votre absence. On voudrait savoir où vous en étiez avec vos classes. »

2 appels relatifs au travail dans la même journée, voilà de quoi me mettre en état d’angoisse jusque la nuit.

Durant cette semaine, je n’arrive à m’endormir que vers 3 heures du matin, pour me réveiller entre 10 et 11 heures.

J’ai des crises d’anxiété : des spasmes secouent mes bras et mes jambes. J’arrive tout de même à garder le contrôle de mon cerveau pendant ces crises. Pour l’instant. J’ai eu une crise un peu plus sévère, pendant laquelle j’avais du mal à me concentrer pour « lâcher prise » : en quelque sorte, « déconnecter » mon corps de mon cerveau.

En résumé

L’anxiété m’a frappée du jour au lendemain, sans prévenir. Depuis, je vais plus ou moins bien. Il y a des périodes pendant lesquelles je ne vais pas avoir de crises, d’autres où elles vont s’enchaîner ; et ce, que je sois occupée ou que mon esprit vagabonde.

Vous vous demandez sans doute ce que vous pouvez faire pour m’aider (ou pour aider une personne dans le même cas que moi). La réponse est malheureusement : « rien ». Vous ne pouvez pas à aider à guérir de l’anxiété tout comme vous ne pouvez pas aider à guérir d’un rhume ou d’une jambe cassée. Vous pouvez rendre les choses plus agréable pour la personne malade par contre. Un grand merci à ma copine d’ailleurs pour me supporter et me soutenir en ce moment.

Merci d’avoir lu ce premier billet. Promis, d’autres billets plus optimistes viendront !